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Le Gilet pare-balles, histoire et évolution

Le Gilet pare-balles, histoire et évolution

Au quotidien, le gilet pare-balles (GPB) est un équipement essentiel des forces de l’ordre et des militaires. Désormais discrète, confortable et ergonomique, cette protection balistique a connu de nombreuses évolutions en 3000 ans, facilitant ainsi aujourd’hui son port. Pour comprendre le pourquoi et le comment de la forme actuelle du GPB, GK Pro vous propose un retour vers le passé.

Qu’est-ce qu’un gilet pare-balles ?

Un gilet pare-balles est un équipement de protection balistique, parfois connu sous la dénomination de porte plaques (Plate-carrier). Il protège le torse, le dos et l’abdomen contre les tirs d’armes à feu. Il agit comme un bouclier contre la pénétration d’une balle ou d’un projectile de petite taille, en absorbant l’énergie à l’impact.

En fonction des situations nécessitant le port du GPB, il existe 2 types de gilet :

  • Le gilet discret. Comme une seconde peau, il est porté sous les vêtements de ville ou les uniformes. Composé d’une succession de couches de tissus, il est conçu pour protéger contre les armes de petit calibre.
  • Le gilet tactique.Cette protection, portée par-dessus les vêtements, est conçue pour les commandos et les militaires sur les théâtres de guerre. Elle comporte plusieurs poches pour transporter des petits équipements tels que les chargeurs et la trousse de secours. Semi-rigide et rigide, elle incorpore des matériaux durs (la céramique et des métaux) pour stopper les balles de plus gros calibre.

Hormis les avancées technologiques et l’utilisation de matériaux plus résistants, la conception des gilets pare-balles repose toujours sur le même principe. Une technique utilisée pour la conception des premiers gilets : la superposition de couches de tissus, avec ou sans plaques rigides.

De l’armure au GPB : évolution de la protection individuelle

Le besoin de se protéger est apparu avec la sédentarisation aux alentours de 9000 ans avant JC. Les bagarres pour défendre les troupeaux, les récoltes et son territoire, deviennent d’âpres batailles.

Au fil des siècles et des conflits, l’Homme a su créer des armes de guerre, toujours plus performantes. En même temps, il a dû mettre au point des équipements de défense, plus ou moins efficaces. Ainsi, selon les époques, plusieurs matériaux ont été testés : bronze, fer, acier, os, écorce, cuir bouilli, lin, soie ... L’utilisation des métaux avait de nombreux inconvénients comme le poids plus de 5kg, l’entretien, le coût et une fabrication sur-mesure.

Des techniques du passé toujours d’actualité

Dès le Vie siècle, le lin a su sortir son épingle du jeu, en obtenant des résultats exceptionnels avec le linothorax. Il s’agit d’une cuirasse composée entre 10 et 30 couches de tissus comprimés. Simple et impénétrable, cette protection est capable de stopper 250 joules d’énergie, soit un 22LR moderne.

Par la suite, pour des questions de production, le lin est remplacé par de la laine feutrée. Sous forme de couches cousues, elles sont ensuite traitées dans un
bain de vinaigre. Un procédé qui ressemble au principe actuel de la fabrication des protections balistiques avec un traitement chimique des fibres.
Mais c’est une innovation celte qui fait penser aux gilets pare-balles actuels. Elle sera d’usage pendant plus de 1500 ans : la cotte de mailles. Associée à un gambison (gilet matelassé sans manche), cette combinaison permet une facilité de mouvement et une protection performante.

le XIXe siècle, le tournant du gilet pare-balles

C’est au XIXe siècle que l’histoire du gilet pare-balles commence véritablement, avec l’utilisation de la soie. C’est le docteur George Emey Goodfellow qui découvre les propriétés de ce textile. En soignant des blessés par balle portant de la soie, il constate :
- Sa résistance à la pénétration
- Sa légèreté
- Sa propension à limiter la gravité des blessures.
20 ans après cette découverte, c’est en 1909 que sortent les premiers gilets pare-balles en soie, mais à l’efficacité limitée aux petits calibres. Pour y pallier, les recherches se poursuivent, notamment lors des 2 guerres mondiales. Ainsi, sur les théâtres de guerre, les soldats sont équipés de plastrons d’acier ou d’armures pour l’infanterie, malheureusement encombrants et lourds.
Plusieurs solutions de gilets sont développées à partir de plaques de métal ou de céramique aux couches capitonnées de coton. Leur avantage en plus de la performance, est leur discrétion. L’arrivée du nylon offre une protection contre les armes de poing de l’époque. Mais, ce sont les années 70 qui vont marquer un tournant dans les protections balistiques individuelles.

Le kevlar, la fibre révolutionnaire

Le Kevlar, est une fibre synthétique mise au point dans les années 1970 par Stéphanie Kwolek. Initialement conçu pour renforcer les pneus, ce matériau est plus fort que l’acier. La société DuPont propose alors des gilets pare-balles conçus dans cette matière. Ils sont d’une grande efficacité, contre les fusils, armes de poing et contre les grenades. D’autant plus si le Kevlar est combiné à des plaques d’acier ou de titane. Ces premières vestes sont donc les ancêtres des gilets actuels.
Ces protections ont la particularité de ne pas dévier les balles. Elles stoppent les projectiles, en absorbant leur énergie cinétique, en la redistribuant sur le corps, et en déformant la munition. Parallèlement, un gilet entièrement Kevlar est mis au point par un restaurateur, offrant une solution plus légère.

Les années 2000, un bond vers l’armure du futur

Depuis les années 2000, les efforts intensifs dans la recherche et le développement permettent de disposer de protection balistique très performante.

La prochaine génération semble s’inspirer du temps des chevaliers avec une armure intégrale recouvrant le visage.
Bien entendu, elle sera peut-être construite à partir de matériaux alliant les nanotechnologies ou de la soie d’araignée génétiquement modifiée. Un exosquelette décuplant les capacités physiques du porteur sera incorporé pour compenser le poids encore très élevé de ces équipements, sans parler de la mobilité.
En attendant cette innovation, les forces de l’ordre national disposent de protections performantes pour affronter des situations dangereuses.

Le gilet pare-balles en France

Longtemps réservé aux militaires et aux commandos, le gilet pare-balles est devenu aujourd’hui, une protection incontournable des forces de l’ordre. Alors qu’aux Etats-Unis, les policiers disposaient de GPB depuis les années 80, les policiers et gendarmes français ont dû attendre 2002.
Avant cela, le port d’un gilet par balle n’était pas obligatoire, le porter était une initiative personnelle. Un jour, un policier s'est fait tirer dessus et a survécu grâce à son GPB discret, un modèle GK. Un incident qui a marqué les donations d’équipements, en rendant obligatoire le port du gilet pare-balles.
En effet, le gouvernement a décidé d'équiper tous les policiers d'un GPB de dotation, ainsi que les gendarmes. Depuis 2014, le gilet pare-balles est mentionné dans les équipements autorisés des policiers municipaux. Toutefois, la décision du port du gilet reste à l’appréciation du Maire.

Grâce aux avancées technologiques, le gilet pare-balles offre un confort, une ergonomie idéale pour exercer des professions à risques.
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